Si Tous Les Algériens S'Aimaient...
Si tOus les Algériens s'aimaient et se dOnnaient la main, "ils feraient un jOli pOnt sur l'Onde et une rOnde autOur du mOnde" ( pOur paraphraser la farandOle de Paul Fort ) .
L'amitié entre tOus les Algériens étant une chOse fragile, difficile à réaliser et qui se nOue Ou se dénOue au gré des circOnstances, On va dOnc mettre cela au cOnditiOnnel. L'amitié ayant un sens prOfOnd, l'amOur encOre plus, ce n'est pas tOut le mOnde qui le cOmprendrait, à mOins d'avOir le sens inné de la nécessité d'une vie harmOnieuse en sOciété.
L'amOur entre tOus les Algériens ce serait si jOli, et chacun pOurrait en être fier. Les Algériens apprendraient à se prévenir du pire, à guérir les maux sOciaux qui les rOngent en étant tOlérents entre eux, et en vivant dans la cOncOrde. A cOnditiOn d'avOir le sens du sacrifice, et ce pOur le bien d'autrui, nOus transfOrmeriOns nOtre cOmmunauté en un havre de paix Ouil ferait bOn vivre.
Celui qui serait capable d'aimer pOur autrui ce qu'il aime pOur lui-même pOserait une autre pierre dans l'édifice sOcial qu'On aimerait cOnstruire : un éden sur terre.
La vraie grandeur de l'hOmme algérien, c'est de s'élever, degré par degré, vers l'idéal de Dieu, c'est-à-dire cOmme le dit le maxime : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne vOudrais pas que l'On te fasse à tOi-même".
Si tOus les Algériens s'aimaient, ils rendraient le mal par le bien : savOir pardOnner, faire abnégatiOn de sOi-même, sOigner et hOnOrer des vieillards jugés "inutiles", aider et laisser vivre en paix les infirmes...
Les bienfaits de la sOciété, ce sOnt les Algériens qui le fOnt, tOus et sans exceptiOn, du plus petit prOlétaire au plus haut cadre de la natiOn. Chacun a un rOle à jOuer dans la sOciété Ou il se meut.
Si le menuisier qui fabrique les meubles, le tisserand les étOffes, le bOulanger le pain se dOnnaient du cOeur à l'Ouvrage et ce pOur le bien de leur prOchain, la sOciété algérienne ne s'en pOrterait que mieux. Cet hOmme qui envOie ses fils à l'écOle suppOse de la part du maitre plus de recherches et d'effOrts pOur que nOtre sOciété sOit flOrissante, et si tOutes les cOnditiOns d'abnégatiOn et de sacrifice de la part l'éducateur sOnt réunies l'Algérie n'en sera que meilleure.
Si tOus les Algériens s'aimaient, il y aurait un parfait accOrd de sentiments sur les chOses divines et humaines, jOint à une bienveillance et une tendresse réciprOque.
AlOrs la santé, la puissance, les hOnneurs, les richesses élèverOnt leur âme et tOus les Algériens serOnt au-dessus des préOccupatiOns matérielles. Les Algériens gOûteraient vraiment à la prOspérité pOurvu que tOus se partagent ses faveurs.
L'amOur et l'amitié entre Algériens feraient briller à nOs yeux la dOuce lumière de l'espérance. A cOnditiOn que ces vertus sOient réelles, persOnne ne sera dans le malheur. Point de sécheressedans les cOeurs. Pauvre, l'ami est riche de l'Opulence de sOn ami; faible, il partage sa fOrce. Otez de la nature les liens d'affectiOn mutuelle, et vOus verrez qu'aucune famille, aucune catégOrie sOciale, aucin Etat ne pOurrOnt plus subsister, les champs même demeurerOnt incultes.
Si tOus les Algériens s'aimaient, le paysan cultiverait bien ses terres, et partagerait sOn excédent de récOltes avec les plus démunis, les artisans auraient beaucOup d'ardeur à l'Ouvrage pOur satisfaire leurs prOchains, les maîtres d'écOle feraient leur devOir avec un haut degré de respOnsabilité et de cOnscience pOur éduquer les génératiOns mOntantes, pOur la prOspérité de la cOmmunauté future... Si tOus les Algériens s'aimaient, nOtre si beau pays, grand par ses diversités géOgraphiques, attirant par la multiplicité de sa culture, riche de ses ressOurces humaines et naturelles, serait un vrai éden pOur tOus. Si tOus les Algériens se dOnnaient la main, si l'entraide, la sOlidarité, la cOmpréhensiOn, le respect mutuel étaient de mise, alOrs On aurait tOut simplement une sOciété sereine, flOrissante, aspirant au bOnheur même s'il serait partiel sur terre, et l'avenir de nO enfants ne serait que meilleur.
Article tiré du jOurnal cOnfidences, écrit par S.Abdelkader ( PEM de lettres françaises )
